mercredi 29 octobre 2008

Notre projet de société doit être précisé .

Remarques sur le discours de clôture de François Bayrou à la

Conférence nationale du Mouvement Démocrate le 26 octobre 2008

Des repères indispensables sont réaffirmés, mais pour quel projet de société ?

Se prononcer contre le travail du Dimanche et la privatisation de la Poste, sont des points tout à faits fondamentaux, loin d'être anecdotiques . Les critiques sur la réforme du lycée sont du même ordre . On voudrait nous rapprocher du modèle américain qui a fait la preuve de sa faillite dans ce domaine .

Ces questions illustrent partiellement ce projet de société humaniste qu'il appelle de ses voeux . Mais le compte n'y est pas quand il s'agit de redéfinir les contours d'une société, face à une crise d'ampleur "centennale" et dont les conséquences sociales ne sont qu'à leurs prémisses .

La vacuité des autres forces politiques en termes de propositions ne peut compenser nos propres insuffisances ( celles du Modem ) . Je regrette que la préoccupation écologique et la crise climatique semblent passer au second plan ou même oubliées, dans les discours politiques actuels ; et aussi celui de Bayrou . Il y quelques semaines encore, pendant l'université d'été du Modem on n'a cessé de parler de développement durable et d'écologie . Est-ce si loin ?

La crise actuelle est fondamentalement une crise du courtermisme et de la cupidité destructrice, précisons notre projet de société .

5 commentaires:

Genev.Tabouis a dit…

des "REPAIRES" pour les brigands ? S'agit-il plutôt de repères ? Bien qu'avec certains "démocrates" on puisse s'y perdre.

Marseille, Lyon, 93... mêmes combats ?

Patrice ALBERT a dit…

Voilà merci G.Tabouis, j'ai rectifié . que reste t-il de votre commentaire ? Des allusions pour le moins ambiguës ... La cuisine lyonnaise n'est pas réputée pour sa légèreté et la clarté de ses sauces .

kalvin a dit…

L'ESSENTIEL EST-IL ENCORE D'ETRE DE GAUCHE ?

Pourquoi des élus, militants et responsables, du Mouvement Démocrate prennent-ils la parole à la veille du congrès du Parti Socialiste ? Naturellement, il ne s'agit pas de commenter un débat interne qui appartient aux militants socialistes et encore moins de s’y inviter. Simplement, au cœur de la crise financière et économique, et à la veille de la crise sociale la plus importante qu’aient à affronter la France et l’Europe depuis la seconde guerre mondiale, nous souhaitons nous exprimer sur les enjeux fondamentaux et essentiels de notre société.

La politique n’est pas affaire de postures.

Pour nous, il ne suffit pas de se dire de gauche pour être en capacité de bâtir une alternative crédible à la politique de Nicolas Sarkozy.

Pour nous, il ne suffit pas de se déclarer de gauche pour être crédible dans la refondation d'un projet politique généreux, juste et humaniste.

Pour nous, il ne suffit plus de se placer à gauche pour porter les aspirations populaires et citoyennes des Français et des Européens.

La politique n’est pas une affaire de postures. Opposer une critique fondée et argumentée à la politique de Nicolas Sarkozy, produire des idées nouvelles et refonder un projet politique, là se situe l'essentiel. Là est l’enjeu du combat des Démocrates français.

Pour ces raisons, la défaite interne de Bertrand Delanoë ne nous a pas surpris. Après avoir dit « Niet » à toute alliance avec les Démocrates de Paris, par un secret mélange de sectarisme, d’opportunisme et de cynisme, Monsieur Delanoë, drapé dans son refus de discuter avec le Mouvement Démocrate et François Bayrou, en a fait l’un de ses principaux arguments de campagne. Mais, il arrive, Monsieur Delanoë, que les militants aient un temps d'avance sur leurs dirigeants.

Les Démocrates ne laisseront pas le monopole d’une nouvelle offre politique au Parti Socialiste.

Tout au long de la campagne présidentielle, nous n’avons cessé d’exprimer nos désaccords profonds avec le projet porté par Nicolas Sarkozy. François Bayrou, le premier, a dénoncé sa fascination pour le modèle américain. Avoir voulu s’en inspirer pour la France et faire de ce terrible mot d’ordre "réhabiliter l'argent", l’emblème d’une nouvelle éthique politique, à quelques mois de l'effondrement du capitalisme financier, restera, à jamais, inscrit comme l'erreur fondamentale et l’empreinte originelle du Sarkozysme.

En célébrant à l'excès la réussite matérielle et individuelle, le Président de la République a oublié ou a feint d'ignorer les injustices profondes qui minent notre société ! Fascination et proximité vis-à-vis des puissants ont eu pour conséquence un grave aveuglement en matière économique et sociale.

Le vote du paquet fiscal d'un montant de 15 milliards d'euros par an, durant l'été 2007, coute cher au pays, se révèle totalement inefficace et profite seulement aux plus riches. La seule loi dite «en faveur Travail, de l’Emploi et du Pouvoir d’Achat » aboutit à une aberration économique absolue. Le nombre d'heures supplémentaires a augmenté de 5,5% pour un coût de 7 milliards d'euros. Il y a urgence à revenir sur le vote du paquet fiscal et à rendre des marges de manœuvre financières au Gouvernement, du pouvoir d'achat aux Français et à relancer l'investissement et la consommation.

Clairement, les Démocrates ne laisseront pas le monopole de la critique du Sarkozysme et la formulation d’une nouvelle offre politique au Parti Socialiste. 30 milliards d'euros par an, couvrent le cout de trois mesures à nos yeux prioritaires : la construction de 300.000 logements sociaux, l'augmentation de 2% du pouvoir d'achat des retraités modestes et des salariés payés entre 1 et 1,3 SMIC, la hausse de 5% des dotations aux collectivités locales, lesquelles financent et réalisent 73% des investissements publics.

Nous devons repenser la mondialisation, en Démocrates.

Simultanément à l'élaboration d'une critique argumentée et fondée, une autre urgence s’impose : la production d'idées nouvelles et la refondation d'un modèle de société plus généreuse et plus humaine. Pourquoi le monde serait-il pour autant condamné à voir s’accroître des inégalités de plus en plus choquantes assumées au nom d’une prétendue nécessité naturelle et qui font de l’égalité un principe formel face à la concentration du capital, de la richesse et du pouvoir aux mains de quelques privilégiés ?

Pour nous, Démocrates français, l’interdépendance planétaire est en mesure de favoriser l'émergence d'une logique nouvelle. Les progrés sociaux, la santé, l’éducation, la lutte contre la pauvreté, la lutte contre l’accaparement des ressources naturelles et culturelles de la planète, la prévention contre les conséquences sanitaires et économiques désastreuses du réchauffement climatique sont des objectifs en passe de devoir être partagés, par tous les régimes démocratiques sur tous les continents.

La France et l'Europe peuvent être les locomotives de cette mondialisation généreuse et humaine contre une barbarie nouvelle pour laquelle la valeur de l’argent est supérieure à celle de la vie et où le profit prime sur l’homme et son environnement. Des OGN à la crise alimentaire, de l’effet de serre au manque de médicaments indispensables, de la disparition des espèces à la mort des agricultures vivrières les défis sont mondiaux et la combat est planétaire. C’est à l’échelle de se combat qu’un grand projet démocrate doit écrire ses ambitions.

Après celui des droits de l'Homme, c'est un nouveau message universel que la France doit contribuer à penser et à porter. Nombreux sont les domaines où la pensée politique doit être refondée : démocratie, indépendance de l’information, distribution de la richesse des nations, droit des minorités, justice, institutions, projet européen…

Les Démocrates, en France, sont déterminés à être à la pointe d’un nouveau projet de société plus humain, plus fraternel, plus audacieux, ouvert aux idées et à la diversité, bref, plus généreux. Pour nous, il importe, sans tarder, de lancer une « nouvelle école démocrate ».

Socialistes, encore un effort !

Reste la question politique. Les Démocrates sont crédibles parce qu'ils ont à leur tête un leader reconnu par l'opinion publique en la personne de François Bayrou. Ce leadership résulte d'une légitimité populaire et électorale, d'une volonté réaffirmée de réconciliation nationale et européenne qui donne son sens au projet démocrate.

Il a fallu de la force et du courage pour dire, à la veille du second tour de l'élection présidentielle, "Je ne voterai pas Nicolas Sarkozy". Cette phrase, mal comprise par certains en 2007, est la première pierre de l'alternative à la politique actuelle. Aussi, les Démocrates, avec François Bayrou, entendent bien jouer les premiers rôles dans la construction d'une alternative à la politique de Nicolas Sarkozy.

Nous voulons conclure en évoquant la pensée politique d'un autre François, François Mitterrand. Cela peut paraître curieux que des Démocrates en appellent à la mémoire de François Mitterrand.

Mais la vraie leçon de François Mitterrand se résume t-elle à un jeu d’alliances ? Nous ne le pensons pas. Si François Mitterrand a eu du génie, c’est en imposant à la vieille SFIO l'idée que l'essentiel consistait, sous la Ve République, à conquérir l'Elysée pour proposer aux Français et conduire un nouveau projet politique. Ensuite sont venues les alliances. Car, l’alternance au plus haut sommet de l’Etat n'est possible que dans le cadre d'un rassemblement sans exclusive, une fois posé un projet de société : c'est la contribution que, nous, Démocrates, portons au débat.

Socialistes, encore un effort !


Olivier HENNO Eric AZIERE François-Xavier de PERETTI
Maire de St André Conseiller Régional Conseiller Municipal d'Aix
Président MODEM 59 MODEM Ile de France en Provence
Président MODEM 13

Patrice ALBERT a dit…

Merci "Kalvin" pour votre très intéressante contribution qui permets de nourrir et de préciser notre projet politique ; celui du Modem . J'apprécie que vous fassiez connaitre vos idées en publiant ici sur Blog A Part, une sorte de "banlieue" du Modem 13 . C'est G. Tabouis qui me suggère cette comparaison . Ici, comme pour la vraie banlieue, il ne vous ai pas inutile, je pense , de renforcer des liens... Venons à l'essentiel .

Il est évident que ce que vous proposez , permettrait de faire un sérieux et salutaire contre point aux mesures Sarkozystes : Arrêt du paquet fiscal en faveur des plus riche, remise à plat de l'aide aux heures supplémentaires qui ont un coup budgétaire élevé en rapport à un rendement décevant; avec des effets collatéraux qu'on ne peut oublier : des embauches ont été supprimées ou restreintes .

Vous envisagez de nouveaux logements sociaux 300 000 . Fort bien, mais il me parait indispensable de les conditionner à un cahier des charges ambitieux en matière de performances énergétiques, pour lutter contre le réchauffement climatique, et de permettre à la filière de mieux se structurer sur de nouvelles normes . De cette façon les surcoûts sont à terme considérablement diminués du fait des volumes générés et des effets d'entrainements. Le delta restant couvert en grande partie par une diminution des dépense de fonctionnement .
Gardons à l'esprit les conclusions de rapport Stern : les efforts , inéluctables, que nous ne voudrons pas consentir aujourd'hui, nous couterons beaucoup plus chère demain .

Enfin les responsables publiques devront veiller sur ces progammes dont ils auront la maitrise aux rapprochements des lieux de résidences et d'activités pour des raisons similaires que celles qui viennent d'être évoquées

Une approche comparable dans l'esprit doit accompagner l'augmentation des moyens mis à la disposition des collectivités locales . Pas de chèque en blanc comme le dit si bien notre ami Obama !( sollicité pour l'aide à l'industrie automobile américaine )

C'est à l'aune de telles mesures que nos concitoyens jugeront si nous nous engageons véritablement ou non dans une autre voie sociétale, où l'homme et son épanouissemnt sont véritablement au centre de l'offre politique proposée .

Les autres mesures prosées , augmentation des bas salaires et des retraites modestes, paraissent frappées au coin du bon sens économiques et social : Une mesure de type keynésienne classique de soutien de l'activité visant à juste titre, les plus démunis

Pierre a dit…

Votre article traduit parfaitement ma propre consternation quant au contenu du projet de société que nous souhaitons au "centre".

Bien entendu, il faut des grandes idées générales et humanistes. Mais il ne faut oublier que le présent est fait de choses concrètes.

Si nous ne sommes pas assez précis et pragmatiques, les Français ne voteront pas pour nous.

C'est tout l'intérêt que je trouve à m'investir en politique : apporter (modestement) un peu de muscle au squelette !